mardi, mai 23

les poux sont partout sur les trottoirs.

et les mamans des rues y travaillent tous les jours. 
L'école avait fait une collecte il y a de cela plusieurs mois pour donner aux gens qui n'ont rien, qq denrées non périssables, qq objets d'utilité première...j'avais acheté d'office des peignes à poux.

Scènes de vie quotidienne : les gens "de la rue" comme on les appellerait en France, ceux qui dorment à même le trottoir, partout ou presque dans la ville, bébés, enfants, parents ou même grands parents. J'en ai même vu dormir sur les terre-plein de grosses avenues, sous les camions, dans les halls de gare. Certains se regroupent et se bâtissent une sorte de "maison", non je devrais plutôt écrire d'"abris" avec en guise de toit une bâche accrochée à des vieux crochets rouillés par des ficelles...il y a parfois des portes en morceaux de tissus, parfois pas. 
En passant devant eux tous les jours, je les vois dormir, faire leur toilette, cuisiner, jouer, discuter...Ils restent autant qu'ils peuvent sur le même emplacement, et puis parfois se trouvent chassés par les travaux de la ville. Les enfants dès qu'ils marchent sont livrés à eux mêmes...Ils vivent complètements nus, sans couche bien évidemment et le danger de la circulation est tout le temps présent.
Nous, nous avons la chance de pouvoir nous rafraichir, eux peu voir pas...car pas d'eau courante, ( ni d'électricité d'ailleurs). Voyons qq petits feus le soir chauffer les qq miettes de nourriture qui cuisent dans un unique chaudron. Le linge sèche le long des murs dans la pollution de la ville...il n'est déjà plus propre une fois sec. Les quelques affaires qu'ils peuvent avoir son entassées dans des sacs en plastic accrochées elles aussi aux murs. 
Ils "font la manche"  là où il y a des feux rouges en tapant aux carreau des voitures ou sur vos bras lorsque vous êtes en rickshaw avec leur regard qui ne vous quittera pas,  jusqu'à ce que le feu  passe au vert...les chauffeurs doivent absolument veiller avant de démarrer à ne pas leur faire mal. je trouve ces moments souvent insoutenables. J'avoue avoir parfois cédé à donner à des tous jeunes qq pièces...leur sourire et leur regard étaient tellement touchant sous leurs cheveux en bataille...

Mais comment feront ils lorsque mi juin la mousson arrivera et qu'il ne cessera de pleuvoir ? 
Une amie Indienne m'expliquait qu'à la première averse, tous les indiens sortent de chez eux et se mettent sous la pluie : ils sont vraiment joyeux, et heureux !

...voilà huit mois que nous n'avons pas vu une goutte de pluie...






ici ce ont les enfants qui font leur galette; non, ils ne jouent pas à la dinette.